Chirurgie de la paroi abdominale

La structure de la paroi abdominale peut être le siège de différents défauts,  à l’origine d’un retentissement esthétique ou fonctionnel. Ces défauts, isolés ou associés, peuvent survenir spontanément ou bien à la suite d’une variation pondérale ou d’une grossesse:

  • la peau peut se trouver distendue et présenter des cicatrices disgracieuses (vergetures) par rupture de ses fibres élastiques,
  • la couche graisseuse peut présenter un excès (surcharge), ou une anomalie de répartition (lipodystrophie),
  • la sangle musculaire peut être relâchée et écartée (diastasis des muscles grand droit), ou présenter des faiblesses localisées (hernie)  ou plus globales  (éventration).

L’examen de la paroi abdominale permet de préciser l’état de chacun des éléments constituant  la paroi. Il recherche aussi  l’existence  d’une lordose lombaire anormale et/ou ou de troubles digestifs, qui peuvent aggraver l’aspect clinique. Un bilan photographique statique et dynamique complète utilement l’examen. Le cas échéant, un bilan radiographique (scanner) peut être prescrit, notamment en cas d’anomalie musculaire  associé (hernie, éventration).

Différents gestes thérapeutiques sont possibles dans le but de satisfaire l’objectif esthétique et fonctionnel :

  • exérèse chirurgicale de l’excès de peau et des vergetures situées  sous l’ombilic ; la peau est ensuite retendue,
  • liposuccion de l’excès de graisse, adaptée à la capacité de rétraction cutanée,
  • chirurgie musculaire de rapprochement  (cure de diastasis) ou de fermeture (cure de hernie), avec  renforcement à l’aide d’une plaque synthétique (éventration).

Il est préférable de réaliser cette intervention  une fois  les grossesses achevées ( et au mieux 1 an environ après la dernière grossesse) , et après stabilisation du poids.

Parfois la situation ne  nécessite qu’une liposuccion (lipoaspiration) abdominale isolée (par exemple pour un excès graisseux localisé), ou bien seulement  une mini plastie abdominale avec exérèse d’un fuseau de peau abdominale réalisé au dessus du pubis.

Classiquement, le chirurgien est amené à proposer une plastie abdominale avec transposition ombilicale, qui va traiter dans le même temps l’ensemble des défaut de la paroi (peau, graisse et muscles).  Techniquement, il procède à l’ablation  de la peau et des vergetures localisées entre l’ombilic et le pubis; la  peau abdominale située au dessus de l’ombilic est alors tendue et suturée au dessus du pubis , dans le plis abdominal inférieur, entre les deux crêtes iliaques. L’ombilic est replacé à sa position centrale, au travers de cette peau retendue. La graisse en excès sera aspirée, et la paroi musculaire réparée au besoin . La cicatrice finale se situe le plus souvent horizontalement à la limite des poils pubiens, et déborde latéralement vers les plis de l’aine, de façon à être dissimulée par un slip. Dans certains cas (existence d’une cicatrice verticale préalable, ou désir de cintrer plus efficacement la taille, ou présence de vergetures au dessus de l’ombilic), une cicatrice verticale sous ombilicale sera associée.

Les suites sont peu douloureuses, sauf si un geste musculaire  a dû être  réalisé ; les antalgiques seront alors adaptés par l’anesthésiste . La durée  des pansements est de  15 jours  à 3 semaines. Le port d’une gaine de soutien, réduisant la douleur à l’effort et l’œdème, est conseillé pendant  3 à 4 semaines. Un arrêt de travail de 2 à 4 semaines est à prévoir, et un arrêt d’activité sportive pendant environ 4 à 6 semaines, est en général prescrits.

Le résultat s’apprécie après 6 mois pour le galbe et après un an pour les cicatrices (délai nécessaire pour que les cicatrices, rouges ou rosées pendant les 2 à 3 premiers mois, arrivent à maturité et s’atténuent).

En fonction des suites et pour parfaire le résultat,  des massages (manuels ou cellu M6) pour lisser la couche cutanéo-graisseuse,  et/ou des traitements de complément esthétique  (laserpeeling) sur la peau et les vergetures, peuvent être indiqués

En France et après accord préalable (demande d’entente préalable), les patients peuvent bénéficier d’une prise en charge partielle ou totale des frais hospitaliers par la sécurité sociale,  lorsque l’anomalie cutanée est particulièrement importante et disgracieuse (peau retombant sur le pubis), occasionne des macérations, gênant fortement la vie quotidienne, ou bien lorsqu’il existe un diastasis (écartement anormal) des muscles abdominaux, ou bien à une hernie ou une éventration. La patiente sera uniquement redevable des honoraires complémentaires du chirurgien et de l’anesthésiste, qui peuvent être remboursés en partie ou en totalité par la mutuelle, selon les contrats .

Cette intervention apporte  le plus souvent une réelle amélioration fonctionnelle, psychologique, et pondérale.  Son importance  ne doit cependant pas être sous-estimée, et elle doit donc  être précédée d’une parfaite information des suites, des cicatrices, des complications possibles.

Renseignements pratiques

Préparation: Douche antiseptique la veille.
Temps d’hospitalisation: Ambulatoire (liposuccion abdominale simple), ou hospitalisation de 48H (mini-plastie) à 5 jours (plastie abdominale complète).
Durée de la chirurgie: 30mn à 1H (liposuccion), 1h à 1h30 (mini-plastie), 2h à 3H (plastie complète).
Anesthésie: Générale, parfois locale pour les liposuccions localisées.
Douleurs:

Modérées 2/7 à moyenne 3,5 / 7, calmée par les antalgiques modérés à forts.

Soins:

Au besoin anticoagulants et bas de contention; drain 24 H à 72 H, douche et levé le lendemain; pansements 15 jours à 3 semaines; gaine de contention 3 semaines à 1 mois, massages éventuels.

Complications: Hématome, épanchement lymphatique, troubles métaboliques et fatigue, infection, retard de cicatrisation, imperfection cicatricielle et de résultat, nécrose, trouble de la sensibilité ; rare et grave : accident thrombo-embolique (phlébite, embolie).
Contre-indications: Tabac, hypertension, diabète mal équilibré, traitement faisant saigner.
Suivi: Pansement à 8-10 jours et à 2-3 semaines, contrôle à 2 mois, 6 mois, 1 an
Eviction sociale: 8 à 30 jours en l’absence de complications, reprise du sport après 6 semaines et protection solaire des cicatrices pendant 6 mois.

Résultats

Cas n° 1

Cas n° 2

Cas n° 3

Cas n° 4

Cas n° 5

Cas n° 6